L’EXPOSITION

L’exposition Regards 9 a vocation à procurer une vitrine aux ré-interprétations contemporaines de l’oeuvre de Chris Marker. À l’occasion de l’exposition « Chris Marker, les 7 vies du cinéaste » à la Cinémathèque Française (du 3 au 29 Juillet) , Regards 9 lançait un appel à projets (aujourd’hui clôturé).

Ce sont plus de 80 jeunes artistes, en formation ou émergent, qui ont participé à l’appel à projets sur le thème du « Voyage(s) dans le temps » afin de rentre un hommage au cinéaste aussi écrivain ou encore photographe Marker.

Parmi les 83 inscrits à l’appel à projets, 18 oeuvres de 18 jeunes artistes ont été sélectionnées. Celles-ci seront exposées du 16 au 27 Mai au Ground Control, tiers-lieu chaleureux et créatif, situé dans le XIIe arrondissement, à quelques encablures de la Cinémathèque française.

Les 18 artistes sélectionnés et exposés au Ground Control :

  • ANDRÉ Lucie & BEAUVAIS Fanny, Chers habitants, 2018 (Albums photo + lettre)

Chers habitants est un projet poétique et photographique inspiré par la cité Pablo Picasso de Nanterre édifiée en 1977 par l’architecte Emile Aillaud. Le sujet prend la forme d’une lettre illustrée écrite par les Tours Aillaud (ou Tours nuages) à ses 5 000 habitants.

  • BASSO Estela, Madère Madère, 2017 (court-métrage)

Dans une île où habitent différents âges et temporalités, les images voyagent à travers la mémoire commune des choses. Comment ne pas se perdre dans les souvenirs d’un autre ? La matière rêve de nos ressemblances… dans ce jeu de similitudes, la familiarité des textures est le mystère de certaines rencontres. madère, madère essaie d’interroger le rapport entre la temporalité humaine, non humaine et le paysage, à ce qui était là avant et sera là après. Les photographies ont été prises au Portugal, dans certains endroits dévastés par un grand incendie, qui a eu lieu en 2016 à l’Ile de Madère, et dont les traces sont encore présentes dans la végétation et dans la vie de ses habitants

  • BAUDINAT Benoît, SEWOL 2, 2015-2017 (court-métrage)

Récit d’anticipation à rebours, carnet de voyage dans le temps, le film SEWOL 2 raconte l’histoire d’une eau qui monte, d’une société malade, d’une tragédie à venir. Influencé et libéré par le travail de Chris Marker, SEWOL2 pourrait commencer par ces mêmes mots : «Ceci est l’histoire d’un homme, marqué par une image d’enfance.» — La Jetée, Chris Marker (1962)

  • BELLOC Chloé & TERRIER GrégoireJournal du 16099 AF, 2018 (Installation/Photographie sonore)

16 099 Jours après les séries d’explosions nucléaires qui ont eu lieu sur la Terre, des humains remontent à la surface. Si l’air est enfin respirable, le temps n’est par contre plus le même. Tout s’est figé en un éternel moment présent.

  • BERTRAND Alexis, Un berceau de naufrages, 2018 (court-métrage)

« Pourquoi ne pas essayer une histoire de Ville du levant au couchant, si pour Elle le temps de la vie est l’immense mesure de nos fugaces citadineries ? Qu’observe ses pierres, dont on oublie d’où elles viennent et que l’on pense avoir conçues ? Tant de poètes attribuent des caractères humains, érotiques, héroïques aux cités qu’ils traversent, comme si elles étaient dotées d’une âme. Mais elles ne sont qu’un terrain de jeux plus ou moins sérieux (de l’amour ou de la guerre, ou, entre-deux, le vague et immense quotidien de vivants encloisonnés et oubliant vite l’Exceptionnel qu’y voient poètes et soldates). »

  • CHARRASSE SolèneLa maison suspendue, 2018 (court-métrage)

« La maison suspendue est née d’une maison familiale empreinte d’une histoire personnelle. En partant de ce lieu retiré qui m’est cher, j’ai voulu créer un voyage sensoriel à travers l’espace et le temps. Chaque lieu est porteur d’une mémoire. Les murs de cette maison sont lourds d’une mémoire difficile à soutenir. Nous nous laissons transporter dans ce qui pourrait être un mauvais rêve, construit à partir de réminiscences. La maison prend alors forme humaine et nous nous baladons dans le labyrinthe de ses entrailles tourmentées. »

  • DJEMANI FatiaLes revenants, 2018 (installation)

« Le voyage commence dans le creux sombre d’une valise qui avait été tenue à l’écart de mon regard, pendant plus de 20 ans. Je découvris les souvenirs épars de ma propre famille, la survivance d’un temps qui ne m’appartenait plus et qui semblait ne jamais m’avoir appartenu. Je guettais alors dans cette jeunesse qui nous avait quitté la trace d’une ressemblance perdue. Je cherchais des secrets, des souvenirs, de quoi réécrire toute une histoire. Je cherchais par l’épreuve du regard à faire l’expérience d’un voyage immobile entre différentes époques. »

  • FIASCO AlexiaLe Deni, 2018 (photographie)

« Cette série est un documentaire onirique et intemporel, basé sur des mensonges. Tiré d’une histoire vraie, tout de même, celle de mon père à travers la mienne, celle de son passé à travers mes yeux, sur un pays qu’il a quitté à l’âge de 13 ans et que je découvre pour la première fois aujourd’hui. Celle, aussi, d’une jeune flle noire issue de l’imigration qui a grandi dans le déni de ses origines par souci d’intégration et qui, partie sur les Îles du Cap-Vert pour trouver des réponses, revient avec des questions et des photos d’un album de famille qu’elle n’a jamais trouvé. »

  • GAUFILLET PernelleL’amaurose des temps qui courent, 2017 (court-métrage)

Le narrateur entraperçoit des éléments composites aux alentours : manipulations ophtalmologiques, silhouettes humaines et échantillons de paysages qui se superposent et coïncident. Ponctuées de courtes réflexions, ces associations d’images suscitent une lecture, à mi-chemin entre observations, images mentales et résidus de souvenirs. La vidéo fait écho à la scène où le héros de La Jetée est soumis aux expériences de projection dans le passé.

  • HADJ-ASSAN Cécile, Mémo, 2018 (photographie)

« Mémo est un assemblage d’impressions qui se côtoient et forment ensemble une troisième image, cryptée, créant une confusion des sources. La relation des photographies assemblées occasionne la création de scénarios et d’interprétations. Et ensemble elles forment une timeline de ma mémoire. »

  • LE BESQ Jean-MarieMars, 2015-2018 (Livre d’artiste)

« Mon projet prend comme point de départ le processus de création d’un livre que j’ai réalisé en 2015. Ce livre s’intitule « Mars ». Il s’agit d’un guide de voyage fictif, un fac-similé de la collection Petite Planète de Chris Marker, aperçu dans le court-métrage d’Alain Resnais « Toute la mémoire du monde », sorti en 1956. Au delà de mon investigation, j’ai souhaité rendre une matérialité à ce livre, qui n’a existé que pour le tournage du documentaire. Je l’ai réalisé à partir des éléments visibles. N’étant jamais allé sur la planète Mars, je ne pouvais lui donner de contenu. Il s’agit alors d’un livre de pages blanches, plus précisément 192 pages, comme dans chaque édition de Petite Planète. Néanmoins, on peut apercevoir un extrait du sommaire, à partir duquel on pourrait essayer d’imaginer ce mystérieux contenu. «

  • LE JONCOUR JustineRemake, 2018 (Illustrations)

Remake est une prolongation visuelle de l’expérience du visionnage de La Jetée. Transformer une pensée filmique en pensée illustrative, c’est opérer une métamorphose graphique qui permet d’amener de manière implicite des questionnements sur l’expérience et sur l’intention de l’auteur. Elle confère libre-arbitre et interprétation au lecteur, lui offre le luxe du temps. Le temps d’observer, de comprendre, paramètre à l’inverse incontrôlable lorsque le spectateur est pris dans une temporalité cinématographique.

  • LHEUREUX FélixLa Zone ou Les dérives d’une image, 2018 (court-métrage)

L’idée de voyage temporel dans mon flm passe par le mélange des images, quelques soient leurs époques et leurs formats. Le but est de pointer certains problèmes politiques et sociétaux du XXe et XXIe siècle qui perdurent depuis l’invention de l’image en mouvement. Les images cinématographiques, vidéos ou numériques ont toujours capté les mêmes dérives du monde moderne puisque les problèmes amorcés depuis le XXe siècle sont toujours d’actualités.

  • MANACH GaëlleUne journée blanche, 2018 (court-métrage)

Une journée Blanche raconte l’histoire d’un homme qui découvre un portable dans une colline de sable. Cet homme vit dans un monde futur où tout a été ravagé par une grande explosion et où l’humanité a abandonné son passé. Dans ce portable, il y trouve une vidéo que des bergers sur une montagne ont filmé pour documenter leur quotidien. L’homme, voyant ces images qui n’ont rien de commun avec le monde désolé et gris dans lequel il vit, prend la vidéo pour un message envoyé par d’autres humains d’une autre planète luxuriante et colorée. Obsédé par ces images, il ne cesse pas d’en rêver jusqu’au jour où il comprend qu’elles ne viennent pas d’un espace lointain mais d’un temps lointain. Il finit par se souvenir de l’histoire que ses ancêtres ont voulu enterrer.

  • PETITEAU Alain, Le vertige d’Hélène, 2018 (court-métrage)

Ce projet est un hommage à Chris Marker mais aussi à Hélène Châtelain dont l’œuvre en tant que réalisatrice reste encore trop méconnue. J’ai repris le principe du photo-roman de La Jetée mais cette fois-ci le récit est raconté du point de vue d’Hélène Châtelain, comme si elle posait son regard actuel sur la photo d’archive que la Cinémathèque a mise à notre disposition. En voyant celle-ci, un voyage introspectif et rétrospecti, mental et mémoriel, et par conséquent cinématographique s’opère. Hélène Châtelain est projetée dans la fiction de La Jetée mais elle découvre ce qu’il ne lui avait pas été permis de connaître : l’après Troisième Guerre Mondiale.

  • RAYUELA DamienTrain of Thought, 2016-2018 (Installation/photographie)

Train of Thought est une série que j’ai réalisée lors d’un voyage de 8000 kilomètres dans les trains du transsibérien (Russie), trans-mandchourien (Chine) et transmongolien (Mongolie). Tout le monde (ou presque) a entendu parler du Transsibérien. Le légendaire plus long chemin de fer du monde reliant l’Europe et l’Asie et couvrant 9289 km de Moscou à Vladivostok. Le Trans-Sibérien n’est pas un voyage conçu pour les touristes; c’est avant tout un moyen de transport en commun pour les locaux des pays et régions qu’ils traversent. Pour eux, prendre le transsibérien est probablement tout aussi exotique qu’un Paris-Lyon pour un français mais ce qui fait du transsibérien une expérience si spéciale, c’est la distance et les paysages qu’il traverse, sa vitesse quasi constante fixée à 60 km/h qui vous plonge dans un état propice à la rêverie. Le transsibérien est une plongée dans un autre espace-temps comme les affectionait et les collectionait Chris Marker.

  • RODRIGUEZ-SOL Félix, Coupe de Séquoia, 2014 (Dessin)

Coupe de séquoia est un dessin en deux panneaux sur papier. Il se réfère à la scène du jardin des plantes de la Jetée, et à la scène de la forêt de Redwoods du film Vertigo d’Hitchock. Deux fictions où les repères de temps et d’espace sont renversés. Le dessin figure un temps déréglé, dont les cernes sont irrégulières. Elles se croisent, s’effacent par endroit, et font apparaître un fil du temps dissolu, imprévisible.

  • SCARPA ViolaTokyo atemporelle, 2015 (photographie)

Ces trois photographies sont tirées d’une plus ample série réalisée lors d’un voyage au Japon. Ces quelques fragments de réel veulent interroger l’autre côté du visible qui se niche dans l’univers paradoxal de la ville de Tokyo où les limites entre être et paraître demeurent brouillées.

 

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